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Hydrodiplomatie et changement climatique pour la paix:

Cas de la gouvernance des bassins internationaux

Sénat, Palais du Luxembourg - 20 Janvier 2020

Une journée organisée à l’initiative de Monsieur Fadi Georges Comair

en étroite collaboration avec le Sénateur Olivier Cadic

« L'hydrodiplomatie et le changement climatique pour la paix : cas de la gouvernance des bassins internationaux », est l’intitulé du colloque qui s'est tenu à Paris le 20 janvier dernier dans le cadre prestigieux du Sénat au cœur du 5e arrondissement à deux pas du Jardin du Luxembourg.

Hydrologique Intergouvernemental (PHI) de l’UNESCO et de MEDURABLE que cet événement a pu se renouveler pour la cinquième année consécutive en rassemblant un parterre d’experts et de personnalités venus des quatre coins du globe pour débattre ensemble de l’avenir de l’hydrodiplomatie, un concept signé Fadi Comair.

Construire une culture de la paix hydrique

L’hydrodiplomatie, cet outil au service de la paix était justement au cœur du colloque d’envergure qu'a accueilli le Sénat le 20 janvier dernier, et ce, en présence de plusieurs ministres et personnalités du monde arabe et de France. Parmi ces personnalités, nous pouvons citer, Son Altesse Royale, la Princesse Soumaya Bint El Hassan, présidente de la Société Scientifique Royale, Son Excellence Monsieur Mohamed Nasr El Din Allam, Ancien ministre égyptien de l’Irrigation et des ressources hydrauliques et Yasser Abbas Mohamed Ali, ministre de l'Irrigation des Ressources Hydrauliques de la République du Soudan.

Comme thématique phare de cette 5e édition : la gestion des bassins internationaux et en particulier la gouvernance du Nil étaient au cœur des débats.

 

Durant cette journée, riche en débats et en partage d’information, les intervenants ont tour à tour abordé les défis climatiques grandissants et leurs dangers et ont appelé d’une voix à la nécessité de dialoguer en appliquant les concepts d'hydrodiplomatie et du Nexus (Eau-Energie-Alimentation) afin de trouver des résolutions «gagnant-gagnant» aux conflits.

En ouverture du colloque, le président du PHI a justement mis en exergue l'importance d'une telle réflexion sur les enjeux géopolitiques, environnementaux et sécuritaires qui touchent les pays riverains en question, afin de maintenir un climat de paix à travers le concept de l'hydrodiplomatie et l'application des recommandations de l'Accord de Paris (sur la lutte contre le changement climatique, adopté en 2015) ainsi que le Pacte de Paris (sur l'eau et l'adaptation au changement climatique au niveau des bassins, également décidé en 2015).

 

À partir de l'expérience acquise sur d'autres bassins dans le monde et en se référant aux recommandations des quatre précédents colloques sur l'Oronte, le Jourdain, le Nil et le Tigre et l’Euphrate, cette rencontre a surtout eu pour objectif de proposer la mise en place d'une « feuille de route » des politiques d'adaptation au changement climatique, de sécurisation et de gestion des ressources pour la gouvernance des bassins internationaux.

Avant de revenir sur les moments forts de cette journée, rappelons que l’expert franco-libanais est aussi membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer et président d'honneur du Réseau méditerranéen des organismes de bassin (REMOB).

 

À cette occasion, Fadi Comair s’est notamment dit très reconnaissant, une fois encore, du soutien constant apporté par son ami, le Sénateur Cadic, avec lequel il œuvre main dans la main à travers ces colloques pour sensibiliser le plus grand nombre d’experts et de décideurs aux outils de l’hydrodiplomatie.

  

Séparées au sein de deux ateliers, les réflexions, invitant les experts à dialoguer et exposer leurs visions, ont animé la matinée. Voici les principaux éléments, choisis au sein d’une longue et complète liste.

Atelier 1 : Hydrodiplomatie et Nexus du Bassin du Nil : quelle médiation pour une gouvernance durable ?
«L’interconnexion des enjeux globaux qui agissent sur le bassin du Nil ainsi que l’absence d’une gouvernance adéquate ont des répercussions sur la gouvernance durable de ce bassin. De plus, l’impact des changements globaux sur les pays concernés aurait des conséquences néfastes sur les ressources en eau, tant du point de vue quantitatif que qualitatif, comme sur les besoins en eau et sur l’efficience d’utilisation de cette ressource pour les différents usages», explique Fadi Comair pour aborder cet atelier dont l’objectif a été d’identifier les foyers de tension qui pèsent sur les pays riverains, de privilégier la gestion de la demande et l’efficience hydrique, d’améliorer la gouvernance locale et nationale de l’eau, en s’appuyant sur l’approche intégrée par bassin et de proposer l’adoption des concepts de l’hydrodiplomatie et du Nexus Eau-Energie-Alimentation.
De cet atelier, nous retiendrons les points suivants évoqués et défendus par les intervenants :
  • L’accord définitif qui devait être signé le 29 janvier 2020 mené par des négociations à Washington entre l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan... Les 28 et 29 janvier devaient être les dates qui finaliseraient l'accord sur le remplissage et l'exploitation du barrage de la Grande Renaissance. Ces négociations à Washington font suite à l’appel lancé par l’Égypte à la communauté internationale afin d’avancer dans les négociations avec l’Éthiopie pour réduire l’impact du barrage de 6 450 MW sur son approvisionnement en eau potable.

  • Le changement climatique est un défi.

  • Les principes des lois internationales doivent être le guide des pourparlers.

  • La gouvernance doit impliquer tous les pays riverains.

  • Une approche de coopération est essentielle entre les pays riverains pour arriver à un accord «gagnant-gagnant».

  • L’esprit de coopération au service des 3 pays a été notamment salué.

  • L’utilisation de l’eau de manière raisonnable et équitable.

  • Principes du droit international et de la convention de l’UNECE. «La Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontaliers et des lacs internationaux de la Commission économique pour l'Europe des Nations Unies (Convention sur l'eau de la CEE-ONU, en anglais UNECE) a été adoptée à Helsinki le 17 Mars 1992. Il s'agit du seul accord-cadre international en vigueur sur l'eau douce transfrontalière».

  • UNESCO : Créer l'observatoire sur les eaux transfrontalières. Donner la parole aux Etats membres pour un échange de données.

  • Avoir une image claire de la situation sur laquelle les négociations peuvent se baser.

  • Soutien de l’Union européenne dans les accords.

  • Dimension développementale, démographique, environnementale, technique, politique et financière. Appeler à la connexion entre toutes ces dimensions.

  • Une autre forme de diplomatie est nécessaire : l’hydrodiplomatie.

  • Le besoin profond de coopération ; Innovation dans l’état d’esprit pour faire ensemble.

  • Le partage d'une ressource vitale: la négociation n'est pas le meilleur moyen mais un processus de communication éthique.

  • Respect pour vivre ensemble et trouver des solutions «gagnant-gagnant». Ne pas nuire à l’autre pays riverain.

  • Le médiateur n’est pas un diplomate qui travaille selon les techniques de la négociation

  • > Inter compréhension >Processus de communication éthique, dialogue.

La conclusion de cet atelier a mis en avant les constatations suivantes:

  • L’eau est un élément pour la paix.

  • L’absence d’eau peut être source de conflits d’où l’importance de l’hydrodiplomatie et du dialogue.

  • On doit prendre en compte l’intérêt de tous.

  • Travailler dans une logique de développement.

  • La science a le pouvoir de construire une société meilleure.

Atelier 2 : Hydrodiplomatie et Nexus : créer les conditions d’une gouvernance durable pour la Méditerranée

Durant cet atelier, a été notamment discuté, le comment peut s’opérer le Nexus sur un plan international ? Les intervenants sont tous tombés d’accord pour dire que l’UNESCO peut jouer un rôle central pour asseoir à la fois l’hydrodiplomatie et le nexus en bonne place afin de résoudre les conflits entre les pays riverains. 

 

Pour ce faire, l’UNESCO poursuivra la sensibilisation à travers l’amélioration de l’éducation et la diffusion des connaissances. Un autre point rassembleur a été celui d’encourager les donations d’Etat en agissant au plus près des décideurs.

Nous retiendrons de cet atelier les interventions suivantes :

Celle du député français Jean Francois Mbaye- Le député du Val-de-Marne s’est penché sur la problématique du Nil et sur «l’importance de la médiation des Etats tiers». Il a notamment mis en avant «l’important rôle que peuvent jouer en ce sens les ONG afin de pousser vers une plus grande solidarité́ internationale» et aussi un accompagnement financier.

Le professeur Ilan Juran, -NYU- Consultant Senior- a pour sa part défendu le partage et l’échange de données, ainsi que le poids immense que joue l’éducation. Il a alors appelé à établir des points de rencontres, du type observatoire, entre les différents pays du bassin méditerranéen. Bien qu’il ait reconnu que les problèmes sont globaux, le consultant a néanmoins soutenu que «les solutions sont le plus souvent locales» et a alors pris l’exemple réussi du Colorado formé de 6 Etats américains ainsi que le Mexique, dont l’aboutissement à un accord a pris 7 ans...

De son côté, Eric Tardieu, le directeur général de l’Office International de l’Eau a prévenu : « La région du Bassin méditerranéen va être la plus affectée par le changement climatique». Il a alors appelé à «s’inspirer des réalisations déjà faites notamment autour du Sénégal et à se baser sur la Convention d’Helsinki et de l’ONU, qui peuvent êtres sources d’information». En ce sens, il a recommandé d’impliquer les autorités locales, à créer un espace commun, qui permettrait de voir l’eau comme un bien commun.

 

Jacques Brulhet- GID, Académie d’Agriculture de France a quant à lui mis en avant «l’importance de l’agriculture et de l’usage de l’eau car de nombreux problèmes en découlent» notamment l’irrigation, le surpâturage pour l’élevage... (Avec une importance spécifique accordée aux forêts et à la prévention optimale des incendies actuelles y liés).

 

Pour Natasha Carmi : « enrayer les conflits armés passe notamment par donner des obligations aux parties pour recommander et les éduquer sur la juridiction en termes d’eau et de conflits».

 

Michel Lafforgue, directeur de projet-Direction France Nord-Ouest - Agence Ile de France-SUEZ, après avoir présenté 3 cas, a assuré que «le vrai problème et solution est toujours d’ordre politique». Il a toutefois assuré qu’observer plusieurs façons de s’occuper de l’eau, et surtout l’anticipation sont essentiels car les initiatives prennent souvent plusieurs années à voir le jour. Comme exemple, il a cité Singapour en affirmant que la ville était totalement dépendante de la Malaisie mais qu’elle a réussi avec plusieurs initiatives dont le dessalement et l’utilisation des eaux usées à se démarquer.

 

Martina Klimes, conseillère, Eau et Paix, Gestion transfrontalière de l'eau Institut international de l'eau de Stockholm (SIWI): Bien qu’il y ait des conventions en vigueur, l’experte a déploré le fait que plusieurs pays n’en soient pas signataires. D’où l’importance pour elle, de «promouvoir la diplomatie informelle: trouver des endroits de discussions où les parties peuvent dialoguer malgré́ les tensions». Elle a aussi indiqué que les conflits augmentent, notamment du fait du réchauffement climatique qui grandit. Pour la conseillère, «la science est aujourd’hui contestée», et c’est un défi de plus a-t-elle souligné. «Il s’agit donc pour les scientifiques de trouver comment faire passer le message, pour influencer les décideurs. Améliorer la communication sur les besoins, et faire pression pour une collaboration» sont parmi les actions nécessaires auxquelles elle a alors appelé. Dernier point souligné: l’inclusion. «Il faut inclure les bénéficiaires directs et les personnes concernées tout aussi que les décideurs qui doivent travailler main dans la main».

 

Le professeur Michael Scoullos, président de GWP-MED et rapporteur de l’atelier a ensuite mis en avant la nécessité de faire appel à l’hydrodiplomatie. «C’est un travail préparatoire pour une action de plus conventionnelle», a-t-il notamment déclaré. En ce sens, il a affirmé que «les associations ont un rôle à jouer, pour diffuser et inclure les conventions onusiennes.» Il a aussi salué les nombreuses initiatives existant autour du bassin méditerranéen, tout en qualifiant «la situation de complexe avec des problèmes tout aussi alambiqués et qui doivent être affrontés avec tous les outils nécessaires mis à disposition».

 

Pour Alice Aureli, chef de section- systèmes d'eaux souterraines et des établissements humains (GSS) auprès de l’UNESCO, le travail doit être fait au niveau local mais aussi à l’international. «Le travail national est important et doit être préparatoire» a-t-elle affirmé tout en ajoutant que «la France doit aussi jouer un rôle, surtout au niveau politique». Ici le maitre mot est l’intersectionnalité (agricultures, partage de l’eau, mais aussi échanges économiques, commerciaux...).

  

L’ancien ministre déléguée en charge de l'Environnement du ministre de l'Énergie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement du Maroc, Charafat Afilal, a pour sa part appelé à promouvoir le rôle de l’hydrodiplomatie en lequel elle croit fortement. «L’Unesco a un réel rôle à jouer », a-t-elle aussi affirmé». La représentante jordanienne a ensuite tenu des propos bien plus politiques en assurant que: les changements en Syrie et en Libye notamment d’ordre démographiques (avec bon nombre de réfugiés) affectent l’eau et son utilisation. Elle a alors appelé à élargir le champ de vision en y incluant les contextes concrets des dits pays.

 

En clôture de cet atelier, le Sénateur Olivier Cadic a indiqué : «C’était important de créer, d’essayer quelque chose de nouveau d’où l’alliance entre experts et décideurs politiques qui porte tout son intérêt». Faisant un bilan des discussions, il a ajouté que plusieurs défis ont été mentionnés dont la démographie, la pollution et le réchauffement climatique). «Nous n’avons pas mentionné le problème des touristes dans la région qui dépensent d’énormes quantités d’eau, 10 fois plus que les locaux», a-t-il ajouté.

 

Les deux ateliers du matin ont été suivis par une séance plénière dans l’après-midi qui a été consacrée à la restitution des travaux des deux ateliers.

Séance plénière

RESTITUTION DES TRAVAUX DE L’ATELIER 1

Hydrodiplomatie et Nexus du Bassin du Nil : quelle médiation pour une gouvernance durable?

Durant la restitution du premier atelier dont la thématique était «Hydrodiplomatie et Nexus du Bassin du Nil : quelle médiation pour une gouvernance durable? », l’Egypte et particulièrement le Bassin du Nil était à la une des enjeux.

 

Les allocations des principaux experts, rapporteurs et ambassadeurs se sont suivies, exposant au public les enjeux et la finalité des discussions matinales :

 

Catherine Morin-Desailly, la présidente du groupe d’amitié France-Égypte a assuré que «le Nil est crucial pour l’Egypte mais aussi pour l’Ethiopie avec une croissance démographique forte dans la région». Afin de concilier les intérêts, elle a appelé à «l’utilisation de plusieurs traités parfois contradictoires». Elle a aussi tenu à saluer les progrès qui ont été réalisés depuis la 3e édition des colloques sur l’hydrodiplomatie. Comme preuve de ces progrès, elle cite «ces échanges réguliers qui prouvent la bonne volonté des parties». Catherine Morin-Desailly a d’autre part, appelé à trouver une solution d’ordre «gagnant-gagnant» notamment en créant une agence de bassin qui serait l’outil le plus efficace permettant un dialogue entre les différents acteurs. Du côté des ambassadeurs égyptiens, les inquiétudes restent nombreuses.

 

Pour le premier ambassadeur égyptien, «le défi des 105 millions d’habitants en Egypte, en est un, car la vie en Egypte se base autour du Nil, ce qui pousse les gens à la rationalisation notamment en sanctionnant économiquement certains parmi ceux qui ont des jardins», a-t-il donné comme exemple. Le barrage de la Renaissance est aussi une grande inquiétude alors que le pays vit des révolutions. Des négociations positives ont toutefois été mises en avant mais il y a toujours une interrogation sur le temps de remplissage. Nous retiendrons cette phrase : «Si l’Ethiopie a droit à son développement, l’Egypte a aussi droit à la vie».

 

Le second ambassadeur égyptien a quant à lui, salué l’existence d’un groupe pour le bassin du Nil tout en déplorant le fait du manque de coordination et de mécanismes. Il a cependant reconnu que «les discussions scientifiques et techniques s’intensifient depuis peu, et l’espoir est grand quant au challenge de la paix, qui lui, reste immense».

 

Pour l’ambassadeur d’Ethiopie à Paris, S.E.M. Henok Teferra Shawl : «le Nil est le don de l’Ethiopie, car il provient du Nil Bleu». Mais la question existentielle reste grande car c’est une grande population parmi laquelle seulement 40% ont accès à l’électricité́ et seulement 44% ont accès à l’eau potable. Il s’agit donc pour l’ambassadeur «d’assurer le bien-être de la population avec une solution d’ordre «gagnant-gagnant» qui est possible», a-t-il défendu. Pour ce faire, il appelle à l’implantation des principes du droit international en utilisant la ressource en eau de façon raisonnable et ce sans causer de torts significatifs à son voisin. Il a alors appelé au dialogue qui s’avère indispensable et sur l’importance de l’accord basé sur les principes suivants: remplir le barrage, dans les mois de la haute saison des pluies, puis remplissage en phases / mécanismes de coordination.

 

À son tour l’ambassadeur du Soudan à Paris, S.E.M. Daffa-Alla Ali-Osman a suggéré que : «toutes les négociations puissent être menées sur un niveau tripartite en donnant la primauté à l’éthique plutôt qu’au technique». Concernant le remplissage, il a appelé à suivre les principes d’adaptation et de coopération du Soudan et de l’Ethiopie qui consistent en des dons de pluie. «On compte sur le Nil pour des grands projets d’irrigation industrielle», a-t-il ajouté en remettant son espoir en vue d’un accord qui devait se conclure à Washington fin janvier.

 

A son tour, Michel de Vivo, secrétaire général de la Commission internationale des grands barrages et rapporteur de l’atelier a insisté sur les points principaux suivants: - La ferme volonté des acteurs d’avancer pour trouver une solution. - Donner la primauté à la voie technique plutôt qu’à la voie politique. - Placer les discussions au-delà du barrage mais au niveau du bassin. Depuis 20 ans, a-t-il expliqué «les négociations n’ont pas abouti». Il s’agit donc de remplacer la négociation par la médiation, et c’est celle des Etats Unis de l’Amérique qui a été choisie.

 

Quatre décisions en ont découlé, proposant un futur au combien positif pour le Bassin du Nil :

  • 1 - Remplissage du barrage, avec prise en compte des crues et des sécheresses.

  • 2 - Mise en place d’un mécanisme, pour ne pas bloquer les discussions.

  • 3 - Mécanisme pour s’échanger les données.

  • 4 - Coordination du partage des eaux.

 

L’Ancien président de l’Office International de l’Eau et aussi rapporteur de la séance, Pierre Roussel, a déclaré optimiste : «Les ambassadeurs sont réunis et se parlent, c’est déjà un immense progrès. Ceci n’est pas facile et sera certes long. Mais la solidarité en amont n’est pas naturelle, il s’agit donc de la mettre sur la table». Ce que l’on peut retenir des différentes interventions c’est la légitimité de chacune des parties à savoir une certaine équité: tous ont les mêmes droits sur ce Nil et tous veulent des accords «gagnant-gagnant». Comme autre ressenti, il n’y a pas de véritable étude technique. Et enfin, l’eau reste un potentiel de paix plutôt que de guerre.

 

 

RESTITUTION DES TRAVAUX DE L’ATELIER 2

Hydrodiplomatie et Nexus : créer les conditions d’une gouvernance durable pour la Méditerranée

 

La restitution de l’Atelier 2 intitulé : « Hydrodiplomatie et Nexus : créer les conditions d’une gouvernance durable pour la Méditerranée », s’est ouvert par l’intervention de Loïc Fauchon, président du Conseil Mondial de l’Eau et de la Societé des Eaux de Marseille. «La Méditerranée est un bassin et une bassine», a-t-il déclaré en ajoutant que «beaucoup de problèmes découlent de la démographie, qui, davantage que pour le climat a des besoins immenses en eau, notamment avec le tourisme». Pour l’expert, la méga pollution (bientôt plus de plastiques que de poissons en Méditerranée) ne verra pas d’issue sans gouvernance, connaissance et finance. «On devra passer par un traité sur la Méditerranée, obligatoirement», a-t-il assuré.

 

Jean Francois Donzier, le secrétaire général honoraire du RIOB a quant à lui insisté sur le point suivant : «déplorer une mer polluée est une activité terrestre à remettre en question».

 

S.E.M. Shaddad Attili, le ministre palestinien en charge des négociations sur l’Eau, a déclaré : «Je suis le ministre de l’eau virtuel, car tous les accès sont détenus par Israël». Il a alors appelé à ce que les initiatives puissent venir de l’international. Il a aussi mis l’exergue les problèmes de l’eau polluée à Gaza, avec des enfants qui jouent dedans et qui en meurent. «L’eau est pour tout le monde», a-t-il ensuite assuré en allusion au prophète. Les peuples partagent l’eau, la terre et l’alimentation c’est un peu le fondement du Nexus», a-t-il aussi défendu.

 

Pour le président du groupe d’amitié France-Grèce, Didier Marie: La région est particulière car elle a une énorme production marine du globe, un rôle fondamental pour les pays riverains. Mais elle dépend d’un patrimoine qui se détériore grandement. Les défis sont nombreux et parmi lesquels je cite: la démographie, le dynamisme des pays de la rive sud, les flux migratoires (tensions + réchauffement climatique), terrorisme, sécurité (une région presque fermée et l’interconnexion qui fait un endroit propice au commerce mais aussi au marché noir et aux échanges illicites. Il s’agit d’un contexte complexe, où créer une gouvernance n’est pas chose aisée. Mais il existe des projets de coopération: rôle des collectivités locales: mégapoles et mégalopoles / solution: coopération décentralisée et responsabilité collective.

 

Échanges avec le public

 

C’est sous la présidence de Brice Lalonde, le président de l’Académie de l’Eau que s’est tenu un échange intéressant avec un public curieux et impliqué. 

 

Ces échanges ont notamment porté sur les questions suivantes :

  • Question de la culture de l’eau.

  • Question de la formation des métiers de l’eau.

  • Question de l’éthique.

  • Question de la pollution marine. Le réchauffement climatique va plus vite que les politiques.

CONCLUSION

«Il y aura une vie après le pétrole, il n’y aura plus de civilisation sans le Nexus Eau-Energie et Alimentation», a déclaré en clôture Christian Cambon, président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense et des Forces armées.

 

Également, président du groupe d’amitié France-Maroc, il a ajouté que «L’hydrodiplomatie est une grille intéressante qui présente des résultats vertueux car l’eau est de plus en plus rare, ce qui accroit les tensions, donc ce concept est nécessaire pour privilégier le dialogue et la collaboration».

RECOMMANDATIONS
Enfin, des recommandations ont été émises par le Secrétaire général de l’Académie de l’Eau, Jean-Louis Oliver.

« L’eau, c’est la vie », « une maxime souvent répétée, particulièrement vraie dans le bassin méditerranéen où, depuis l’Antiquité, l’eau a toujours été à la fois une ressource essentielle, irremplaçable, une forme de culture, et par conséquent un enjeu majeur ! D’ailleurs de nombreux ouvrages hydrauliques multimillénaires (barrages, aqueducs, thermes, égouts, …) y subsistent sur toutes les rives et parfois fonctionnent encore de nos jours. Essayons donc de faire aussi bien aujourd’hui ! », a-t-il déclaré.

 

L’expert a ensuite appelé à s’inscrire résolument dans une perspective optimiste et dynamique, au-delà des sérieux défis que posent la démographie, l’urbanisation, notamment littorale, les mouvements migratoires, etc. dans le contexte du changement climatique dont les effets sont importants dans cette région du monde (sécheresses, inondations, tempêtes, …).

Comme autre recommandation : « mobilisation accrue non seulement des partenaires actuels publics ou privés, mais aussi d’autres catégories d’acteurs dont le rôle est essentiel, en particulier les populations elles-mêmes, notamment les femmes et les jeunes, par une meilleure information et une formation scientifique pluridisciplinaire (car dans le domaine de l’eau, les sciences humaines et sociales sont aussi nécessaires que les sciences de l’ingénieur), en développant la solidarité à tous les niveaux, du local au régional et même au planétaire dans le cadre des institutions multilatérales, dont l’UNESCO très impliqué en la matière) au service de l’intérêt général et de ce bien commun si précieux qu’est l’eau ! »

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